Dans un marché public, l'acheteur retient l'offre économiquement la plus avantageuse : chaque offre est notée sur des critères annoncés d'avance dans le règlement de consultation, le plus souvent le prix et la valeur technique, chacun affecté d'une pondération (par exemple 40 % pour le prix et 60 % pour la technique). La note de prix suit une formule mathématique, la note technique découle du mémoire, et leur somme pondérée classe les candidats. Titulis lit le règlement de consultation, en extrait cette grille de notation, rédige le mémoire critère par critère et contrôle le dossier complet avant dépôt.
Vous avez déposé une offre que vous jugiez solide, et le courrier de rejet tombe : classé deuxième, à quelques points du titulaire. Sans comprendre la grille de notation, ces points restent une abstraction, impossible à rattraper au marché suivant. Vous relisez le règlement de consultation en cherchant où l'écart s'est joué, sur le prix ou sur la technique, sans jamais en avoir le cœur net.
L'offre économiquement la plus avantageuse : le principe
L'article R2152-7 du Code de la commande publique impose à l'acheteur de retenir l'offre économiquement la plus avantageuse. Il se fonde soit sur un critère unique, le prix (réservé aux prestations standardisées) ou le coût apprécié sur le cycle de vie, soit, le plus souvent, sur une pluralité de critères liés à l'objet du marché : parmi eux figurent obligatoirement le prix ou le coût, et un ou plusieurs autres critères comme la valeur technique, les délais ou les performances environnementales.
Sur ce point précis : Voir comment se rédige un mémoire technique optimisé pour la note.
Quand plusieurs critères sont retenus, l'acheteur affecte à chacun une pondération, qu'il publie dans les documents de la consultation. C'est une règle protectrice pour le candidat : la grille est connue avant le dépôt, elle ne peut pas être modifiée après l'ouverture des plis, et l'acheteur doit s'y tenir. Depuis le 21 août 2026, au moins un critère environnemental doit d'ailleurs figurer dans cette grille, quel que soit le marché. Au niveau européen, le projet de règlement sur les marchés publics présenté en septembre 2026 va plus loin et propose d'imposer un plancher de 30 % du poids de la note à ces critères de qualité.
La note de prix se calcule avec une formule
Contrairement à la note technique, la note de prix est presque toujours automatique : l'acheteur applique une formule au montant de chaque offre. La direction des affaires juridiques de Bercy recense plusieurs méthodes jugées régulières par le juge. Trois reviennent le plus souvent, et le règlement de consultation précise en général laquelle s'applique.
- Méthode proportionnelle (dite classique) : le prix le plus bas obtient la note maximale, les autres une note au prorata. Note = note maximale x (prix le plus bas / prix de l'offre). C'est la plus fréquente.
- Méthode linéaire : la note décroît de façon régulière entre le prix le plus bas et le prix le plus élevé. Note = note maximale x [1 - (prix de l'offre - prix le plus bas) / (prix le plus élevé - prix le plus bas)]. Elle creuse davantage les écarts quand les offres sont hétérogènes.
- Méthode de la moyenne des offres : la note dépend de l'écart à la moyenne des prix reçus. Elle est admise mais plus contestée, car elle peut pénaliser une offre pourtant compétitive selon les prix des concurrents.
Une même offre peut donc obtenir une note de prix différente selon la formule choisie par l'acheteur. Repérer cette méthode dans le règlement de consultation, avant de fixer votre prix, indique si un centime d'écart pèse lourd ou non sur la note finale.
La note technique vient du mémoire, critère par critère
La valeur technique, elle, ne se calcule pas : elle s'apprécie. L'acheteur note le mémoire technique sur les critères et sous-critères qu'il a annoncés (méthodologie, moyens humains et matériels, qualité, délais, démarche environnementale). C'est la part la plus subjective de la notation, et donc celle sur laquelle un candidat a le plus de marge. Reprendre l'ordre exact des critères du règlement, apporter une preuve concrète pour chacun et éviter les généralités, c'est ce qui fait la différence : voyez le détail des critères de notation du mémoire technique et de leur pondération.
Un exemple chiffré : le moins cher ne gagne pas toujours
Prenons un marché pondéré à 60 % pour la valeur technique et 40 % pour le prix, chaque note étant établie sur 100, avec la méthode proportionnelle pour le prix. Trois entreprises déposent une offre.
- Offre A : prix 100 000 €, note technique 90/100. Note de prix = 100 x (88 000 / 100 000) = 88,0. Note globale = 0,60 x 90 + 0,40 x 88,0 = 89,2.
- Offre B : prix 92 000 €, note technique 72/100. Note de prix = 100 x (88 000 / 92 000) = 95,7. Note globale = 0,60 x 72 + 0,40 x 95,7 = 81,5.
- Offre C : prix 88 000 € (le moins cher), note technique 60/100. Note de prix = 100 x (88 000 / 88 000) = 100. Note globale = 0,60 x 60 + 0,40 x 100 = 76,0.
L'offre A l'emporte avec 89,2 points, alors qu'elle est la plus chère des trois. L'offre C, la moins-disante, finit dernière : ses 12 000 € d'écart de prix ne lui rapportent que 12 points de note de prix, quand ses 30 points de retard en technique, pondérés à 60 %, la condamnent. C'est le mécanisme que beaucoup de PME sous-estiment : sur un marché où la technique pèse le plus, un bon mémoire rapporte plus qu'une remise. En août 2026, 4 757 appels d'offres ont été publiés au BOAMP, et sur chacun c'est cette arithmétique, et non le seul prix, qui a désigné le titulaire.
Où lire la méthode de notation dans le DCE
Tout se trouve dans le règlement de consultation, en général à l'article intitulé « critères d'attribution » ou « jugement des offres ». Il donne la liste des critères, leur pondération en pourcentage, les éventuels sous-critères et, souvent, la formule de la note de prix. C'est la première pièce à lire, avant même de décider si vous répondez, car elle indique où sont les points : lire le DCE dans le bon ordre évite de rédiger un mémoire à côté de la grille. Si le règlement reste muet sur la formule de prix, l'acheteur doit tout de même l'appliquer de façon transparente et vous pouvez en demander communication après l'attribution.
Questions fréquentes
Le prix est-il toujours le critère le plus important ?
Non. La pondération est libre pour l'acheteur, dans la limite d'un lien avec l'objet du marché. Sur les prestations intellectuelles ou techniques, la valeur technique pèse fréquemment 50 à 60 %, parfois davantage. Le prix redevient prépondérant sur les achats standardisés, où les offres se ressemblent. La seule certitude est que la pondération figure dans le règlement de consultation.
Ce que coûte un dossier complet : Voir les tarifs, sans engagement ni démonstration commerciale.
Peut-on connaître sa note après un marché public ?
Oui. Après le rejet de votre offre, vous pouvez demander à l'acheteur les motifs du rejet, votre note et celle de l'attributaire, ainsi que les caractéristiques de l'offre retenue. Il doit répondre dans un délai de quinze jours. Ces éléments sont précieux : ils montrent si l'écart s'est joué sur le prix ou sur la technique, donc où progresser au prochain marché ; et si la procédure vous paraît irrégulière, ils fondent vos recours de candidat évincé, voire une indemnisation du manque à gagner lorsque vos chances étaient sérieuses.
Qu'est-ce qu'une offre anormalement basse ?
C'est une offre dont le prix est si faible qu'il paraît compromettre la bonne exécution du marché. L'acheteur ne peut pas la rejeter d'office : il doit d'abord demander des justifications écrites au candidat. Si les explications ne suffisent pas, il écarte l'offre. Casser les prix pour gagner des points expose donc à un rejet, sans même être noté.
Le classement au deuxième rang que vous n'aviez pas vu venir se joue presque toujours sur des points laissés sur la table, faute d'avoir lu la grille de notation avant d'écrire. Titulis lit le dossier de consultation, en extrait la grille de notation et sa pondération, rédige le mémoire sur les critères de l'acheteur, remplit les formulaires DC1, DC2, DUME et les bordereaux, puis contrôle le dossier complet avant dépôt : dossier complet dès 199 €, aperçu du mémoire visible avant tout paiement. Préparez votre prochaine réponse. Un consultant marchés publics ou une rédaction interne restent des options légitimes quand le marché est atypique ou très stratégique, à choisir en connaissance de cause. Et si aucune consultation n'est en cours, la veille Titulis fait remonter chaque matin les marchés compatibles avec votre activité.